21 novembre 2007
Automne au jardin
A l'automne, la végétation se pare de chaleureuses couleurs. Cette féerie est éphémère, c'est pourquoi l'instant mérite que l'on s'y attarde un peu...
"Le soleil baigne la cour...
La lumière, comme un cocon doré,
Réchauffe, accueille le matin présent,
Un de plus en novembre...
Doucement les âmes s’éveillent,
Engourdies du nocturne périple,
Diluée de rosée matinale.
Les feuilles dans les arbres bruissent,
Et la douce brise berce le tout,
Dans un silence étrange.
Le calme règne, je n’ose m’y confondre,
Y fouler du pas le chemin usé,
L’herbe fraîche que viennent brouter
Les insectes affamés.
L’ombre s’étale, s’étiole, à n’en plus finir,
Comme anéantie par le lever du jour.
L’automne touche à sa fin,
Et tente de préserver les dernières douceurs
Du soleil, d’une saison presque morte.
Avant de laisser place à la blancheur glacée de l’hiver
Naissant, j’admire encore, fier, de ma fenêtre.
La lumière, comme un cocon doré,
Réchauffant, accueillant le matin présent,
Un de plus en novembre..."
LIO, "Matin de novembre"
28 octobre 2007
Le temps qu'il faut...
"Ces aubes bercées drapées de feu
Irisent en moi les corps sombres assoupis
Des marchés j'en retiens les couleurs les visages
Autant de fruits frais que de rires à croquer
Une main qui agrippe comme autant de beautés émouvantes
L'ombre des Ashokas pèse sur mille temples endormis
La peau tendre comme la pulpe d'une coco fraîchement ouverte
Douce est la perception infinie du plaisir
Les langueurs surannées d'un Nirvana de feu
Ces appels créateurs comme autant de Lingam mélodieux
Essaiment leur sève brutale au long de terres fatiguées
D'étendues pétrifiées assoiffées de leur lait nourricier
Banians majestueux de leurs langues pendantes
Lapent en secret le désir naissant face à tant de viriles postures
La démarche liquide - florissantes racines - le regard attiré
D'une graine diurne ces palais sporadiques dominants
De bien maigres vallées splendeurs éparses
Dénudé - les yeux confondus aux labeurs de la terre
Joyaux aux contrastes infinis avides d'échanges de partages
Dans le lit de complices œillades filtrées de ces terres acides
Fruit d'une misère - cet homme brille
Comme un diamant qui aurait puisé les essences terrestres
Pour se forger le plus beau des calices de l'ultime souillure
Le temps semble ne plus s'écouler
Lentement la chaleur qui enivre enveloppe la ville
Les odeurs douceâtres me grisent à la longue
Et toujours ces regards ces sourires hors du temps
Comme une musique vibrant en moi
Le train entre en gare comme un cri
Déchirant la nuit au point du jour
D'un côté les êtres se lèvent de l'autre les rapaces s'envolent
Palampur doucement s'éveille au seul son de la cloche"
LIO, "Palampur"
05 octobre 2007
L'éternité et six ans
Yann Tiersen
"Lentement je suis allé fouiller en moi,
Mon cœur était lourd, il tremblait.
Je l'ai pris dans les mains, comme on berce un enfant,
Doux et chaud, et rempli d'émotions...
... J'étais seul.
Tant de choses à dire, à pleurer et à rire,
Tant de frissons, de rires, de silences.
Tant d'images au fil des ans accumulées,
Ce cœur trop lourd réclamait, s'impatientait...
... Il voulait s'échapper.
J'ai alors entr'ouvert ses désirs, ses envies de partir,
Quelques notes ont jaillit, c'était fort et puissant.
Des centaines d'oiseaux ont pris leur envol,
Des milliers d'images ont fusé vers les cieux...
... Les as-tu vus ?
C'était beau, et la nuit se paraît d'un arc-en-ciel étoilé,
Allégresse échappée au feu de chaudes couleurs.
Feu d'artifice d'un amour lentement façonné,
Nourrit par tant de souvenirs déposés...
... Un sourire.
Dans cette douce magie,
J'ai regardé s'envoler les moulins majorquins.
Les baisers sucrés, les caramels fous, les cerfs-volants irisés,
Les escapades imprévues, les bouts du monde, les sourires innocents...
... La beauté m'enveloppait.
Je ne pouvais plus rien, un regard et encore,
Un essaim bourdonnant qui filait au lointain.
Et la nuit est restée sous la lune éclairée,
J'ai fermé les paupières, et j'ai imaginé...
... Je t'ai vu avancer.
Nos mains se frôlaient, lentement, sûrement,
Et la musique nous ensorcelait.
Le ciel pétillait au son de l'accordéon,
Bercé par les valses de Tiersen, je chantais...
... Je t'ai senti frémir.
Nous avons dansé jusqu'au bout de l'été,
Il n'y avait rien alentour, juste nous et l'amour.
Je t'ai pris dans mes bras, jusqu'au petit matin,
Jusqu'à ce premier jour, où tout à commencé...
... Te souviens-tu ?
Les pianos de la rue des Cascades,
L'absente, le phare et les désirs naissants.
La magie, toujours et toujours, et mes pleurs sourds,
J'ai peur… j'ai froid... et toi ?
... Toi ?
Crois-tu que c'est là que les portes se ferment,
Que les cœurs vides s'arrêtent ?
Crois-tu que l'abîme est ici,
Qu'il est temps de sauter, maintenant ?
... Crois-tu ?
Le plus beau, le plus bon est en moi,
Ce trésor singulier, il est là et j'y veille.
Je l'ai pris dans les mains, comme on berce un enfant,
Doux et chaud, et rempli d'émotions...
... Je sais...
Je sais que si tout doit finir,
Il faudra oublier ces enfants qui ensemble jouaient.
Mais le temps aura su graver leur amour,
Pour la vie, pour toujours... pour...
... L'éternité et six ans."
LIO, 2007
28 septembre 2007
Doux regrets
"J'essai de puiser à l'encre des veines,
La noire rosée des cœurs démolis,
Le sang-froid meurtri des pâles envies,
L'essence glacée des romances en peine.
Les mots esseulés sans cesse à la traîne,
Se perdent en paroles, en trop longs discours,
En maigres échos, en frêles détours,
En cris romancés, en histoires vaines.
Où sont les plaisirs, les choux à la crème,
De chaudes étreintes en mielleux baisers ?
Les corps étendus baignant de rosée,
A l'aube sucrée d'un matin trop blême ?"
LIO, "Doux regrets"














